Reconversion
Si l'on commence à se dire que le travail que l'on fait ne nous plait plus, qu'on y va en trainant les pieds, et au pire, si on commence à sentir pointer le museau de la dépression, c'est qu'il est certainement temps de changer de job...
Facile à dire, mais pas si facile à réaliser ! Mais heureusement, plusieurs moyens nous permettent de trouver la formation de nos rêves, celle qui fera de nous un travailleur heureux... ou presque 
D'abord, chaque salarié possède un contingent d'heures de formations au titre du DIF . Ces heures sont peu nombreuses (20h par an, avec un max de 120h...), mais peuvent servir à faire des p'tites formations de remises à niveau, de langues. Mais attention, la formation doit avoir un lien avec le job en cours, ce qui n'est peut-être pas très intéressant...(cf. le commentaire de Patricia pour des infos complémentaires). La Validation des Acquis de l'Expérience (VAE) est également une piste intéressante a exploré, surtout pour ceux possédant peu ou pas de diplôme. une fois cette validation faite, rien ne nous empêche de changer d'employeur... Sinon, il est peut-être utile de faire un bilan de compétence, pour voir vers quoi on est réellement attiré
Les CCI (Chambres de Commerces et d'Industries) régionales proposent des formations de tous types, de quelques jours à une, voir deux années. De plus, elles organisent régulièrement des forums d'informations, un bon début est de contacter la CCI de sa région et de demander des infos sur les formations qu'elle propose...
Ne pas hésiter à contacter son ANPE locale, des offres de fomations sont régulièrement proposées.
D'autres moyens de se former existent, le web a énormément simplifié la recherche d'infos à ce sujet... Il faut juste une bonne dose de patience, et puis être bien sûr du domaine vers lequel on souhaite s'orienter. Malgré les belles paroles de nos dirigeants politiques sur la formation toute au long de la vie professionnel, on a difficilement une seconde chance, alors une troisième...
Nos proches peuvent nous être d'un grand secours dans ces moments de doutes. Qui d'autres qu'eux nous connaissent aussi bien, voir mieux que nous. Ils voient tous les jours ce qui nous passionne, nous intéresse... ils peuvent nous aider à trouver notre voie, parfois nettement mieux qu'un conseiller lambda de l'ANPE, qui croit nous connaitre au bout de 10 min d'entretien...

Lorsque l'on désire faire une reconversion, il faut être bien conscient que cela a un certain coût financier : diminution de salaire - voir perte complète - prix parfois assez conséquent de la formation, frais annexe si la formation a lieu assez loin de son domicile (==> frais de transport, voir déménagement).
Heureusement, des aides sont là pour permettre d'alléger un peu la facture. Mais ces aides sont différentes selon que l'on soit salarié ou non.
Petite revue - non exhaustive - des aides disponibles :
Cas d'un salarié en CDI
En tant que salarié en CDI, l'aide financière proviendra du Congé Individuel de Formation (CIF). Dès accord de l'employeur pour s'absenter durant la durée de la formation, un dossier doit être déposé auprès du Fongecif où cotise l'employeur. Et ce dossier doit être extrêmement bien motivé et complet :
- une lettre de motivation comportant son itinéraire professionnel, ses motivations pour se reconvertir, son projet professionnel, les démarches de validations réalisées pour sa reconversion, ses atouts professionnels et personnels, etc...
- un CV détaillé
- le programme détaillé de la formation, ainsi que le calendrier
- le courrier d'admission en formation
- le dernier bulletin de salaire
- le dossier remis par le Fongecif, complété par l'employeur, le centre de formation et soi-même.
Une commission paritaire se réunit une fois par mois et examine le dossier. Si une aide est octroyée, le salaire est maintenu à 90%, 80% ou 60% selon la durée de la formation avec un seuil de remboursement ne pouvant être inférieur à 2 fois le SMIC et une prise en charge à 100% sous ce seuil. C'est l'entreprise qui continue à verser le salaire, le Fongecif lui remboursant cette somme. De plus, une prise en charge totale ou partielle des frais de formation peut-être accordée.
Par contre, il faut savoir que seulement une certaine partie des dossiers étudiés par la commission sera aidée, les moyens des Fongecif n'étant pas illimités. De plus, de grandes disparités existent suivant les régions : par exemple, en Alsace, environ un dossier sur deux est aidé, alors que dans l'Ouest, c'est un sur quatre !!!
Cas d'un demandeur d'emploi
Il y a un peu plus de possibilité d'aides dans ce cas-là : aide de la Région (Chèque-Formation), achat ASSEDIC, ... Mais il faut au préalable être inscrit comme demandeur d'emploi et être indemnisé par l'ASSEDIC.
Chèque-Formation
Suivant les régions, un budget plus ou moins conséquent est alloué à l'aide à la formation des demandeurs d'emploi. La démarche est à peu près la même que pour un dossier de CIF : un dossier motivé doit être déposé à l'ANPE et sera étudié par une commission régionale.
Si le dossier est accepté, la Région financera une partie des frais d'inscription (une part reste toujours à la charge du demandeur).
L'ASSEDIC quant à elle continuera à verser une indemnisation mensuelle au titre de personne en formation, mais seulement si le dossier est validé par l'ANPE !!
Achat ASSEDIC
Si la formation concerne un secteur dit sensible ou en tension (forte demande de personnel), le centre de formation peut faire la demande d'une prise en charge directement par l'ASSEDIC. Dans ce cas, l'ASSEDIC paie les frais de formation et verse à la personne formée une allocation mensuelle.
L'auto-financement
On peut aussi avoir à financer entièrement sa formation. C'est le cas lorsqu'aucune aide ne nous est accordée. Il faut bien avoir cette option à l'esprit au moment de monter son projet de reconversion. De plus, si l'on vient de démissionner pour faire une reconversion, il faut savoir que l'on est 4 mois sans aucune allocation de la part de l'ASSEDIC, et le montant des allocations reçues sera forcément moins élevé que le salaire précédent. Cela peut créer un certain trou dans le budget...
Publié le mardi 2 décembre 2008 par Sylvain HUCK
Commentaires
Bonsoir Sylvain,
merci de nous faire profiter ainsi de ton expérience et de tes connaissances. Ta démarche de reconversion est une belle démarche, étayée et construite - ce blog en témoigne
A bientôt.
Juste un petit rectificatif, la formation en DIF n'est pas uniquement lié au job. On peut demander toute sorte de formation. L'accord dépend ensuite du plan de formation de l'entreprise. Si la formation demandée n'a rien à voir avec le job, elle ne sera pas considérée comme prioritaire. Au bout de 3 demandes, l'employeur sera obligé d'accorder la formation.
Pour la VAE, cela peut être intéressant, si la reconversion s'appuie sur un changement d'entreprise à un poste équivalent. Elle permet alors de donner un niveau reconnu et standard par rapport aux autres postes de même type.
@ Véronique : merci
@ Patricia : merci pour ces infos complémentaires. Concernant le DIF, mon ancien employeur m'avait informé - ou plutôt informé toute la boîte - que cela ne servait QUE le plan de formation et que toute demande autre serait systématiquement refusées.
Voici le lien vers l'article L932-1 du code du travail http://www.legifrance.gouv.fr/affic...
Maintenant le patron va privilégier l'évolution dans son entreprise. Mais, lis bien, et tu verras dans le paragraphe amélioration des compétences, qu'il n'est pas précisé expressement pour les besoins de l'entreprise, comme c'est le cas pour les deux premiers financements des formations. Et tu ne peux pas l'utiliser durant ton temps de travail. Mais là, c'est ensuite un choix à faire.
Attention aux financements...cela peut remettre en question tout un projet.
Par exemple, pour les salariés CDI, le Fongecif et autres OPACIF ont des critères de priorité.
Par exemple : niveau de qualification bas ( plus vous êtes diplomé, moins vous serez prioritaire, l'âge , la qualité du projet (débouchés; formation homologuée, enquêtes).
Plus d'ouverture sur le CIF CDD, car moins connu et sollicité.
Et pour les demandeurs d'emplois, guère de salut hors formation AFPA ou métier dit en tension (cf.liste régionale), sauf en cas de promesse d'embauche; ce que les employeurs font volontiers, c'est bien connu!
Par contre, les enveloppes financières pour la VAE sont rarement épuisées, au contraire mais on est moins dans une démarche de reconversion...
plus d'info sur qq billets*
http://clajarrige.blog.sudouestjob....
@ Patricia
A priori, mon ancien employeur l'interprétait à sa façon.... mais bon, c'est de l'histoire ancienne. En tout cas, merci pour ces infos...
@ Claire
C'est vrai que les pour les CIF, y'a des critères. Mais j'ai l'impression que dans le secteur de ma reconversion, certains critères ne sont pas pris en compte (le niveau d'études, par ex.). En tout cas, merci pour ces infos
Bonjour,
Mille mercis pour toutes ces informations. J'envisage très sérieusement une reconversion. Evidemment, pleins de questions se bousculent, d'ordre pratique (droit, financement, etc...) mais aussi doutes : ne suis-je pas à 46 ans trop vieille ? vais-je y parvenir ?
Je voudrais préparer un CAP de patissier (alors qu'actuellement je suis assistante ordonnancement).
En tout cas, trouver des infos grâce à l'expérience des uns et des autres est très utiles et voir qu'on peut y arriver est très positif.
Bonne soirée
Cath